Schéma du principe de l'effet de serre
« Comment réduire les émission de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030, dans un esprit de justice sociale? » : telle est la question qui est posée aux 150 membres de la Convention Citoyenne pour le climat. Mais au fait, qu’est-ce que l’effet de serre? Comment cela fonctionne-t-il?  N’existe-t-il pas un effet de serre naturel et vital pour les écosystèmes? Quid des activités humaines? Éléments de réponse dans cet article.

Un processus naturel vital

L’effet de serre est un processus naturel vital à notre condition de vie sur Terre. Une barrière naturelle due aux gaz à effet de serre, la troposphère, empêche les rayonnements infrarouges qui nous viennent du Soleil d’être rejetés dans l’espace. Ces gaz, qui comprennent principalement la vapeur d’eau, le dioxyde de carbone, l’ozone, et le méthane absorbent et retiennent les rayonnements infrarouges. Sans cela, la température moyenne à la surface de notre planète qui est aujourd’hui de l’ordre de 15°C, serait de – 18°C[1]. Autrement dit, la vie telle que nous la connaissons actuellement n’y serait pas possible.

Schéma du principe de l'effet de serre

Activités humaines et augmentation des émissions de gaz à effet de serre

Or les scientifiques ont observés sans ambiguïté une accélération des émissions de gaz à effet de serre induite par les activités humaines à partir de la fin du XVIIIe siècle, moment de la Révolution industrielle. Ces émissions ce sont précipitées à partir de la « grande accélération », entamée au sortir de la Seconde Guerre mondiale[2]. A l’heure actuelle, nous rejetons plus de 40 milliards de tonnes de gaz à effet de serre chaque année dans l’atmosphère. C’est cet ajout qui, petit à petit, diminue le passage des rayonnements infrarouges de notre atmosphère vers l’espace et piège la chaleur. 

« Imaginez que vous êtes une petite planète… »

Valérie Masson Delmotte à la Convention Citoyenne

Valérie Masson Delmotte, paléoclimatologue française, directrice de recherche au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE – Univ Versailles St-Quentin/CNRS/CEA) était auditionnée en octobre dernier par les 150 membres de la Convention Citoyenne. Voici comment elle expliquait, de manière imagée, l’effet de serre :

« Imaginez que vous êtes une petite planète. Votre corps est chaud et envoi un rayonnement invisible, infrarouge autour de lui. Si vous vous couchez le soir et que vous ne mettez pas de couette, vous allez perdre de la chaleur et vous aurez froid. Si vous mettez une couette, la couette piège votre chaleur et au bout d’un moment c’est douillet : c’est l’effet de serre naturel. Mais si en permanence on rajoute des couettes, on ne voit pas tout de suite l’effet, mais au bout d’un moment on voit bien que ça se réchauffe. Le principe de l’effet de serre sur Terre est un peu similaire : on empêche une partie de la chaleur de la Terre de partir vers l’espace sous forme de rayonnements par des composés qu’on ajoute dans l’atmosphère »[3].

Un climat qui réagit et amplifie l’effet de serre

« Depuis 1900, la communauté scientifique estime qu’il n’y a pas d’autres facteurs que les activités humaines pour expliquer le réchauffement. En revanche, le climat réagit à ça et amplifie la perturbation. Quand il fait plus chaud, l’air contient plus de vapeur d’eau, qui est un gaz à effet de serre. Quand il fait plus chaud, il y a moins de neige et de glace, on perd alors l’effet miroir et le réchauffement est accentué. Ce qu’on observe, c’est donc la machine climatique qui réagit à notre perturbation en amplifiant le réchauffement »[4].

En France, des températures moyennes qui ne cessent d’augmenter depuis le milieu du XXe siècle

Le « code barre » du réchauffement climatique réalisé par un climatologue du service météo britannique permet d’avoir un aperçu du réchauffement climatique en France entre 1901 et 2018 – une année, une barre ; bleu, plus froid ; rouge, plus chaud[5].

Code barre du réchauffement climatique France

Dans son rapport de 2018 les constats du Giec sont les suivants : le climat mondial s’est déjà réchauffé d’1°C environ en moyenne par rapport à l’ère préindustrielle. Déjà + 1,5°C en moyenne en France métropolitaine durant cette même période[6].

Photographie : ©Katrin Baumann


[1] Rapport spécial sur « les impacts d’un réchauffement climatique global de 1.5°C par rapport à 2°C et les trajectoires d’émissions de gaz à effet de serre à suivre pour limiter le réchauffement à 1.5°C », publié le 8 octobre 2018

[2] « Annual average temperatures for France from 1901-2018 using data from Berkeley Earth », [en ligne le 2 décembre 2019], https://showyourstripes.info/

[3]Intervention de Valérie Masson-Delmotte devant les 150 membres de la Convention Citoyenne pour le climat, 5 octobre 2019, Conseil économique, social et environnemental

[4] Intervention de Valérie Masson-Delmotte devant les 150 membres de la Convention Citoyenne pour le climat, 5 octobre 2019, Conseil économique, social et environnemental

[5] Fressoz Jean-Baptiste et Bonneuil Christophe, L’Evènement Anthropocène, Paris, Seuil, 2013

[6] « Agir en cohérence avec les ambitions », Rapport annuel du Haut Conseil pour le Climat, Version Grand Public, juin 2019

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